Lettre pour demander l’ajout du terme « nonviolence » au vocabulaire
27 Janvier 2017

Présentation de la lettre à la BiblioteCanova Isolotto à Florence. Crédits photo : Giada Bartoli
À l’occasion de la Journée internationale de la nonviolence, une lettre cosignée par un groupe de chercheurs et de défenseurs de la nonviolence a été publiée. La voici dans son intégralité.
Au comité scientifique de l’Institut de l’encyclopédie italienne
Au comité scientifique de l’Accademia della Crusca
Le terme « nonviolence »
En consultant en ligne l’Encyclopédie Treccani, nous avons constaté l’absence du terme « nonviolence » dans votre dictionnaire encyclopédique ainsi que dans votre vocabulaire de la langue italienne. Toutefois, une recherche plus approfondie a permis de trouver une entrée non correctement orthographiée dans l’encyclopédie en ligne (les mots « non » et « violence » n’étant pas soudés) : http://www.treccani.it/enciclopedia/non-violenza/.
Or, à la suite de cette vérification, nous nous sommes rendu compte que le terme, écrit en deux mots, ne figure pas dans d’autres encyclopédies italiennes dignes de mention ou n’est que très brièvement décrit, exceptions faites, à notre connaissance, du Dizionario di Politica de Norberto Bobbio, Nicola Matteucci et Gianfranco Pasquino (maison d’édition Utet de Turin, 1976), de l’encyclopédie libre Wikipedia qui présente un article important sur le sujet malgré quelques erreurs (https://it.wikipedia.org/wiki/Nonviolenza) et Humanipedia, l’encyclopédie humaniste (http://it.humanipedia.org/index.php/Nonviolenza) qui promeut la nonviolence.
Nous tenons à souligner le fait que l’emploi du terme « nonviolence » en un seul mot est répandu dans la littérature contemporaine, dans le langage journalistique ainsi que dans les milieux politiques et sociaux qui font référence aux idéaux de nonviolence. Ce fait souligne le caractère positif de la nonviolence qui en réalité ne se traduit pas par un simple refus de la violence, mais propose la recherche d’une solution novatrice, que ce soit par une méthode d’action ou par le mode de vie. Cette proposition peut être retrouvée en général dans la littérature italienne. Elle figure depuis longtemps dans la littérature du Mouvement nonviolent, notamment dans les écrits de son fondateur, Aldo Capitini, professeur de pédagogie à l’Université de Cagliare, puis à l’Université de Pérouse. Ce dernier a écrit : « Ces derniers temps, on a commencé à écrire “nonviolence” en un seul mot, atténuant ainsi la portée négative du mot “violence” séparé du mot “non” ; ceci amenait certaines personnes à se poser la question suivante : “d’accord, il n’y a pas de violence, mais y aurait-il autre chose?” » Si on écrit le terme en un seul mot, alors la nonviolence peut être interprétée comme quelque chose d’organique et donc, ainsi que le verrons, comme quelque chose de positif (Capitini A. Le techniche della nonviolenza. Milano : Feltrinelli ; 1967, p. 9).
