Dans les centres d’accueil, les espoirs douchés des anciens exilés de la jungle de Calais
2 Février 2017

Fin octobre 2016, la Jungle de Calais, qui regroupait environ 8 000 exilés attendant un hypothétique passage vers le Royaume-Uni, a été évacuée et détruite. Ce fut ensuite le tour des camps improvisés du nord-est de Paris. La majorité de leurs occupants ont été dispersés dans une multitude de Centres d’accueil et d’orientation (CAO) sur tout le territoire, dans l’attente d’une évolution de leur situation suite au dépôt d’une demande d’asile. Trois mois plus tard, leur situation est-elle réglée, et les promesses tenues par l’État français à leur égard respectées ?
« A Grambois, c’est aussi la jungle », lance Aled, un ado timide, les mains dans les poches d’un jean qui protège mal ses deux chevilles du froid et du mistral. L’Érythréen de seize ans se morfond au fin fond du Vaucluse, dans une jolie petite commune du Lubéron. Pas sûr qu’il soit réceptif aux charmes de la région. Suite à l’évacuation du bidonville de Calais, le 24 octobre 2016, il a embarqué dans l’un des bus, pensant rejoindre le Royaume-Uni. Et s’est retrouvé à Grambois, aux antipodes de sa famille. « Écrivez, nous voulons parler. Ici, personne ne dort. La nuit, tout le monde pleure. Nos familles sont au Royaume-Uni, et nous, nous sommes bloqués ici. »
Aled et 50 autres jeunes sont hébergés dans un centre de vacances isolé, transformé en « centre d’accueil et d’orientation » (CAO) pour mineurs isolés étrangers. Une équipe d’une quinzaine de personnes les encadrent. Lui et ses camarades font partie des 5 250 personnes, dont un tiers de mineurs, répartis en une dizaine de jours dans les 300 centres ouverts par l’État dans toute la France afin, selon le ministère de l’Intérieur, « de permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d’un temps de répit et d’engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d’asile ».
