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Israël poursuit ses dirigeants pour leurs crimes,… à l’exception des plus graves

24 Janvier 2017


L’occupation israélienne de la Palestine est la source de toute la corruption en Israël, à laquelle aucun autre crime n’est comparable.

Un nuage sombre menace l’avenir politique du Premier ministre israélien.

Benyamin Netanyahou est soupçonné d’avoir commis une série de crimes, principalement regroupés en deux dossiers. Le premier implique le fait d’avoir accepté des cadeaux du producteur de films israélo-américain Arnon Milchan. S’élevant à plusieurs dizaines de milliers de dollars, les cadeaux de Milchan, offerts au cours de plusieurs années, auraient compris des cigares de luxe et du champagne livrés à la résidence du Premier ministre. Milchan a des intérêts commerciaux en Israël sur lesquels Netanyahou, qui est également ministre de la Communication de l’État, exerce une influence considérable. Dans un cas, Netanyahou serait intervenu avec le secrétaire d’État américain John Kerry pour aider Milchan à obtenir un visa américain de longue durée. Netanyahou a déjà été interrogé sur ce dossier.

Le second dossier est plus compliqué. La police a obtenu des enregistrements de conversations continues entre Netanyahou et un autre Arnon, Arnon Mozes, éditeur et rédacteur en chef de Yediot Aharonot, jusqu’à récemment le plus grand quotidien d’Israël. La police s’est procuré ces enregistrements par hasard, au cours d’une autre affaire, en enquêtant sur un ancien assistant de Netanyahou.

Ces enregistrements, récemment divulgués dans les médias, ont suscité la fureur en Israël. Le dialogue entre les deux hommes, un Premier ministre en activité et un éditeur de premier plan, ressemble à une discussion pragmatique entre deux hommes d’affaires cyniques voire, au pire, entre deux escrocs mafieux. On les entend négocier un échange de bons procédés par lequel une couverture plus favorable du Premier ministre dans le journal Yediot Aharonot serait récompensée avec certains avantages pour le journal.

La guerre des journaux

En arrière-plan figure le tabloïd gratuit israélien Israel Hayom, qui a commencé à paraître en 2007 et qui appartient au magnat américain des casinos Sheldon Adelson. En distribution gratuite, Israel Hayom est aujourd’hui le journal au plus grand tirage du pays, délogeant Yediot Aharonot de la première place à la fois en termes de tirage et de contrôle du marché publicitaire.

Adelson, qui fait partie des associés les plus proches et les plus dévoués de Netanyahou, a fondé Israel Hayom dans le seul but d’aider Netanyahou à améliorer son image et à contrer les critiques auxquelles Yediot Aharonot l’avait exposé. Adelson a déjà perdu plus de 700 millions de dollars dans cette entreprise d’édition, mais le succès du journal en termes de tirage et de publicité a causé des dommages mortels à son rival, Yediot Aharonot, qui a perdu beaucoup de pouvoir, d’influence et de revenus à cause d’Israel Hayom.

Au cours des dernières années, la guerre entre ces deux journaux s’est transformée en une guerre contre Netanyahou, qui se tient derrière Israel Hayom et influence grandement son contenu. Lorsqu’une nouvelle loi à la Knesset proposant de proscrire les journaux gratuits a été adoptée en première lecture il y a quelques années, Netanyahou a avancé la date des élections pour tuer le projet de loi.