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Le pic de pollution cache la permanence de la pollution de l’air

24 Janiver 2017


Les seuils d’alerte à la pollution de l’air sont de nouveau dépassés dans de nombreux départements français. Ce pic de pollution exceptionnel mais récurrent ne doit pas masquer la pollution du quotidien, plus décisive pour la santé. Explication avec la spécialiste Charlotte Lepitre, de FNE.
Cinq départements en alerte vendredi 20 janvier, quinze samedi, vingt-sept dimanche, quarante et un lundi, et encore un certain nombre ce mardi (voir la situation du 23 janvier). Le pic de pollution que subit une grande partie du pays depuis ce week-end est exceptionnel, par sa durée comme son intensité. C’est du jamais vu depuis dix ans, selon les spécialistes.
Ce sont les « PM10 » qui sont pointées du doigt, des particules de diamètre inférieur à 10 micromètres. Elles proviennent avant tout de la combustion (notamment de bois dans les foyers ouverts) et des gaz d’échappement des véhicules (dioxyde de soufre, oxydes d’azote NOx), mais également du freinage des véhicules, des carrières, incinérateurs et décharges.


Tout cela forme un joyeux cocktail, au dosage différent selon chaque région. « C’est un pic de pollution national dû à une combinaison de facteurs. Et en fonction des régions, et des secteurs d’activité qui prédominent, les pollutions locales sont différentes », explique Charlotte Lepitre, coordinatrice Santé et environnement à France nature environnement (FNE), interrogée par Reporterre. Difficile donc de définir nationalement la part de pollution due à chaque source. Schématiquement, dans les régions périurbaines, la pollution vient surtout du chauffage et des feux de bois, tandis que dans les régions urbaines, elle émane surtout de la circulation automobile.
En ce mois de janvier, les conditions météorologiques renforcent cette pollution en empêchant la dispersion des particules. D’abord parce que les conditions anticycloniques entraînent la stagnation des masses d’air : il n’y a pas de vent pour balayer les particules en suspension vers l’océan (ou chez nos voisins), mais ces particules ont au contraire tendance à s’accumuler près du sol. Ensuite, les températures froides causent un phénomène d’« inversion thermique » le matin et le soir : les rayons de soleil réchauffant plus vite l’air que le sol, la couche d’air au sol chargée de polluants se retrouve coincée et ne peut s’élever.
46 % de la pollution française sont… exportées
De plus, le froid génère l’émission de davantage de pollution. Parce que les besoins en chauffage augmentent. Mais aussi parce qu’une grande partie des véhicules récents émettent davantage : « La majorité des trajets sont courts, ne permettant pas aux véhicules de chauffer. Or les constructeurs pointés du doigt par les révélations du « Diesel Gate » ont calibré leurs systèmes de dépollution pour qu’ils ne fonctionnent qu’à partir d’une certaine température, le plus souvent 17°C », explique Charlotte Lepitre.