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Algérie: Un centre de torture et d’humiliation à Sétif

Par Khaled Bel, ObservAlgerie, 18 avril 2018

Il a
fallu vivre « l’enfer » des hôpitaux algériens pour pouvoir décrire la
situation chaotique dans laquelle se trouve le secteur de la santé en Algérie.
Algérie:
Un centre de torture et d’humiliation à Sétif

Témoignage
(Sétif-Algérie) – Ce témoignage est un récit d’une hospitalisation de 5 jours
passés dans le Centre hospitalier Universitaire de Sétif, dans des conditions
inhumaines et dignes d’un centre de torture, avec des geôliers habillés en
blouses blanches.

Arrivé
avec des douleurs abdominales dues à une pancréatite aiguë et allongé sur un
brancard plein de sang laissé par un autre patient, le médecin n’a pas trouvé
d’autres mots que cette phrase provocante :« Mais arrêtez d’exagérer là … Vous
savez ? je ne suis Jésus Christ ! ».
Après
plusieurs injections avec des antalgiques, le médecin des urgences décide de
nous orienter vers le service d’ « Observation des urgences chirurgicales ».
C’est dans ce service similaire à un hôpital de catastrophe dénué de toute
notion d’hygiène et d’organisation, que le vrai calvaire commence.
Allongé
sur un lit avec un matelas sans draps et taché de sang, avec 6 autres patients
masculins dans un couloir qui se termine avec un coin qui comprend 5 autres
lits pour femmes, les risques d’infections deviennent négligeables devant la
souffrance des autres patients qui n’ont que des aide-soignants qui font le
travail des infirmiers.
Le
service est ouvert au public 24h/24h. Le personnel soignant ne montre aucune
courtoisie ou compassion devant les souffrances des patients; des
aide-soignants et des infirmiers s’adonnent à des comportements indécents
à des heures tardives devant l’impuissance des malades.
Après
plus de 14 heures d’attente, un médecin arrive et demande une prise de sang
pour des analyses qui devaient être faites dans un laboratoire privé et où les
prélèvements sont transportés par les familles des patients. Il a fallu deux
prises de sang et deux échographies pour déterminer le diagnostic. Ce qui veut
dire plus de 36 heures dans un couloir d’urgences sans une minute de repos ou
de sommeil.
Le
médecin décide de prolonger le séjour dans les urgences en demandant une
imagerie par résonance magnétique (IRM) pour déterminer les causes de la
pancréatite et son stade. Un examen très cher et qui devait être également fait
chez un radiologue privé. Selon la direction, l’IRM du CHU est en panne, ce
dernier n’a que deux ambulances qui ne peuvent transporter tous les malades.
Une fois
les résultats de l’IRM connus, le médecin décide enfin de nous transférer vers
un autre service pour « se reposer ». Le service le plus adapté serait celui de
gastro-entérologie. Mais à défaut des places, le médecin décide de nous envoyer
au service post-opératoire en créant une confusion totale alors que le cas ne
nécessitait pas d’intervention chirurgicale. Dans ce même service, un infirmier
du prénom de Karim, se comporte comme un geôlier qui agressait verbalement et
physiquement ses patients.
Le
problème du CHU de Sétif, n’est absolument pas le manque de moyens matériels
et/ou humains, mais une gestion catastrophique et un personnel dont une grande
partie n’est pas formée pour pratiquer ce métier noble.