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La lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires s’amplifie à Bure

20 Février 2017


Des centaines d’opposants au projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires ont convergé à Bure samedi 18 février. Reportage photos.

– Bure (Meuse), reportage

C’était le moment pour les hiboux de Lorraine et de France, les opposants à Cigeo, projet d’enfouissement des déchets nucléaires, de sortir du bois Lejuc pour montrer leur détermination. Et ils l’ont fait en nombre ce week-end. Le 22 février, le tribunal de Bar-Le-Duc doit rendre son jugement sur l’expulsion des occupants cette forêt visée par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) pour y faire les futurs puits de ventilation de Cigeo. Six jours plus tard, le tribunal administratif pourrait remettre en cause la propriété de l’Andra sur le bois, le rapporteur public ayant souligné des vices de procédure dans la délibération du conseil municipal de la commune de Mandres-en-Barrois, propriétaire du bois.

Il était donc l’heure pour les manifestants (masqués pour tenter d’éviter la répression) de montrer leur détermination. Et ce fut fait avec brio.

De nombreux manifestants portaient un masque de hibou
Un foule hétéroclite et colorée de près de 700 personnes a en effet convergé vers le bois Lejuc samedi 18 février où différents « animations-ateliers » les y attendaient. Avant de prendre la direction de l’Ecothèque (bâtiment où l’Andra conserve des échantillons d’espèces locales). Après avoir mis à terre une partie des grillages déjà endommagés lors d’une action quelques jours auparavant, des affrontements ont eu lieu avec les gendarmes mobiles et des barricades ont été érigées.
« Nous vivons un moment crucial, où nous pouvons consolider notre puissance ou subir des revers, au regard des échéances juridiques commentaient Michel et Sylvie au moment de regagner samedi soir la maison de résistance à Bure. Et la destruction des grilles de l’Ecothèque, lieu où l’Andra affirme (aux centaines d’enfants et adultes qui s’y rendent) qu’elle protège l’environnement et notamment la forêt, alors qu’elle a défriché illégalement le bois Lejuc l’été dernier et envisage d’en raser une bonne partie pour ses installations nucléaires, n’est que l’expression d’un ras-le-bol. Cette énergie nous a été imposée, tout comme ce laboratoire et ce projet Cigeo. Il est donc légitime que cette colère s’exprime. »