La lutte contre la hausse de consommation des pesticides a échoué
16 Février 2017

Alors que la France a annoncé il y a dix ans vouloir réduire de moitié sa consommation de pesticides, celle-ci a crû de 25 % entre 2009 et 2014. Le plan Ecophyto 2 ne parvient pas à imposer aux entreprises phytopharmaceutiques de réduire leurs ventes.
Rennes (Ille-et-Villaine), correspondance
Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, veut pousser les entreprises à réduire leurs ventes de biocides (pesticides, fongicides, herbicides confondus) en les incitant à mettre en place des bonnes pratiques, récompensées par des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (Cepp). Des certificats monétisables qui compenseront les pertes de chiffre d’affaires et, en cas de non-respect de ces bonnes pratiques, se traduiront par des pénalités financières.
Mais un bras de fer durant l’examen au Sénat, le 7 février, a poussé à sortir les pénalités financières du dispositif, puis à les réintroduire en commission mixte paritaire (qui s’est tenue le 9 février). Le dispositif repasse le 14 février en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, et le 15 février au Sénat.
Si ces sanctions financières ne sont pas retenues, ces certificats seront une coquille vide. « Pourtant, l’idée est intéressante, explique François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Cibler les entreprises plutôt que les agriculteurs : il y a là un levier pertinent, mais mener une politique d’incitation sans sanction ne sert à rien. »
Ces certificats sont pourtant la mesure phare du plan Ecophyto 2 présenté fin janvier par le ministre de l’Agriculture [1]. Un coup d’épée dans l’eau, malgré les batailles, qui ressemble fort à l’échec du plan Ecophyto 1.
Prendre en compte les substances actives épandues
Le plan Ecophyto 1, impulsé par le Grenelle de l’environnement, ne manquait pas d’ambition : réduire de 50 % l’utilisation des biocides entre 2008 et 2018. Au moment de faire les comptes, le bilan est sans appel : la France a acheté 66.000 tonnes de pesticides en 2013, plus de 75.000 en 2014 : +13 %.
