L’université “libre” de Berlin suspend un professeur pour cause d’adhésion à BDS
12 Janvier 2017

Le boycott académique, scientifique et culturel d’Israël n’est pas, il faut en convenir, le plus facile à expliquer, et dans les milieux les plus concernés en Europe beaucoup sont encore sensibles aux pseudo-arguments des défenseurs inconditionnels de la politique israélienne, habiles à faire vibrer les cordes sensibles des “libertés académiques”, de la “science qui rapproche les hommes”, de “la culture qui favorise le dialogue et la paix”…
Une rhétorique qui ne sert qu’à masquer à quel point tout cela est quotidiennement foulé aux pieds de la manière la plus cynique par le régime d’apartheid israélien, tant en Israël que dans les territoires occupés. On n’entend d’ailleurs jamais les mêmes élever si peu que ce soit la voix quand l’armée israélienne pénètre dans les universités palestiniennes, balance des grenades lacrymogènes dans les amphithéâtres ou les labos palestiniens, ferme les théâtres palestiniens et emprisonne leurs animateurs, etc. On ne les entend pas plus à propos du rôle actif des universités israéliennes dans la mise au point de technologies militaires toujours plus meurtrières.
De même, il y a gros à parier que les vertueux défenseurs sionistes des libertés universitaires n’auront pas un mot pour défendre Eleonora Roldán Mendívil, qui jusqu’il y a quelques jours enseignait au sein du département des sciences politiques de l’“Institut Otto Suhr” de l’Université libre de Berlin, et que celle-ci vient de décider de la suspendre de toute charge d’enseignement en raison de son adhésion à la campagne “Boycott Désinvestissement Sanctions” (BDS) et de son jugement politique sur la nature de l’État d’Israël, ce qu’elle assimile à “des activités antisémites”.
