Des aborigènes de Patagonie virés de leurs terres par Benetton
19 Janvier 2017

En Argentine, dans la province de Chubut en Patagonie, une communauté ancestrale est en train de subir un répression policière extrêmement violente pour avoir l’audace de défendre les terres sur lesquelles elle est établie depuis toujours. Sauvagement expropriée, la communauté Mapuche tente tant bien que mal de faire face aux gendarmes, envoyés en nombre par l’État afin de défendre les intérêts de la multinationale qui se réclame de la parcelle : Benetton. Voilà plus d’une semaine que de violents affrontements ont éclaté, ravivant un conflit qui dure depuis déjà plusieurs années.
Affrontements sanglants entre police et manifestants
Le 10 janvier dernier, de violents affrontements ont éclaté dans la région de Chubut, en Patagonie argentine, entre gendarmes et membres de la communauté Mapuche. À coups de balles de caoutchouc et de plomb, plusieurs centaines de gendarmes ont réprimé les manifestations et les protestations d’une trentaine membres de cette communauté ancestrale qui se bat maintenant depuis des années pour conserver ses terres. Depuis mars 2015, plusieurs familles de la région s’attèlent à reprendre des terres réquisitionnées par l’homme d’affaires italien Luciano Benetton, fondateur de la marque du même nom et propriétaire depuis les années 90 de près d’un million d’hectares en Patagonie.
Face à la révolte de ces communautés ancestrales réclamant le droit de vivre sur des terres où elles sont établies depuis des siècles, les autorités ont donc usé de la violence en ce début d’année au prétexte de faire respecter le droit de propriété qui s’exprime ici à travers l’accaparement systématique de terres paysannes. Un phénomène également observable ailleurs dans le monde où de riches industriels rachètent, grâce à une connivence avec les autorités, des terres qui appartenaient « de fait » aux communautés locales jusqu’à aujourd’hui. En Patagonie, plusieurs personnes ont été blessées, dont une gravement, et une dizaine de militants furent interpellés. Les témoignages décrivant la violence utilisée dans ces opérations menées par la gendarmerie ont fait surface dans les médias locaux, évoquant une « volonté de tuer » et de nombreuses destructions de biens.
