Éoliennes : comprendre l’effet « Pas dans mon jardin ! » en France
4 Octobre 2016

François Glaizot et Clément Bresciani, de l’association Les vagabonds de l’énergie, nous présentent dans cette courte vidéo comment une approche sociologique de l’énergie permet de mieux comprendre le processus d’acceptation des énergies renouvelables. Selon eux, la manière d’intégrer les habitants dans l’émancipation énergétique peut se révéler cruciale pour l’acceptation (ou le rejet) d’un projet.
François Glaizot et Clément Bresciani partent faire un tour du monde dont le principal objet d’étude sera l’Homme et l’énergie, afin de mettre en valeur les alternatives existantes et les étudier dans leur contexte social. Leur entreprise est portée par l’association Les vagabonds de l’énergie, créée en 2009 par Arnaud Cretot et Robin Deloof, dans le but d’analyser les différentes formes de production d’énergie à travers le monde. Le point de départ de ce travail de recherche est la thèse selon laquelle les choix énergétiques conditionnent le modèle social. Ainsi, selon eux, plus l’énergie sera produite selon une logique verticale, plus la société sera fortement hiérarchisée. Au contraire, si la production de l’énergie se fait de manière horizontale, le pouvoir sera plus équitablement réparti entre les individus qui composent la société.

Inauguration des eoliennes citoyennes de BeganneInauguration des éoliennes citoyennes de Beganne
Un tour du monde des énergies
À la suite des fondateurs, François Glaizot et Clément Bresciani vont entamer un tour du monde dont la première destination est l’Amérique du Sud. Il s’agira d’un « voyage d’étude sociologique de terrain pour analyser et comprendre les choix et les comportements liés à la production et à la consommation d’énergie à l’échelle locale, dans différents contextes ». Leur expérience sera notamment restituée sous la forme d’un film documentaire.
Selon Les vagabonds de l’énergie, on ne manque pas de solutions pour se passer des énergies fossiles ainsi que de l’énergie nucléaire, d’où l’importance de les mettre en valeur. Cependant, il ne suffit pas de diffuser ces idées alternatives. Ils estiment en effet que « le défi global réside dans l’évolution de notre rapport à l’énergie à travers nos choix et nos comportements au quotidien« . C’est pour cette raison qu’ils souhaitent s’intéresser aux comportements de chacun, en fonction des choix énergétiques locaux et ainsi pouvoir proposer des pistes de réflexions concernant les évolutions sociétales à venir.
Une analyse sociologique du processus d’acceptation des énergies renouvelables
Au delà de ces premiers constats une autre question les préoccupe : celle de l’acceptation des énergies. C’est le thème d’une vidéo présentée récemment, dans laquelle sont opposés plusieurs projets éoliens ayant connu des trajectoires différentes, dont celui des Communes de Lavaudieu/La Chomette et celui de Castelnau-Pégayrols. Alors que le premier n’a pas pu voir le jour, en raison de réticences de la population, le second a été massivement soutenu par les habitants qui y voient une liberté énergétique et un virage décisif pour l’avenir. En effet, si le vent est une ressource, la production d’énergie profite directement aux locaux, tel un gisement de pétrole qui serait découvert au cœur de votre commune. Alors pourquoi de telles différences ?
Bien évidemment, les projets industriels, écologiques ou non, sont souvent confrontés, au niveau local, au phénomène du NIMBY (Not In My BackYard – Pas dans mon jardin). Mais selon François Glaizot et Clément Bresciani, l’acception de ces projets dépendra pour beaucoup de la manière dont ils sont introduits et traités dans le débat public local. Si les habitants se voient imposés un projet, il y a de fortes chances que celui-ci soit rejeté. A contrario, si le projet fait l’objet d’un véritable débat public dans lequel les habitants sont impliqués à tous les niveaux – et non pas par le biais d’une simple consultation -, il y a plus de chances qu’ils s’identifient au projet et, en définitive, le soutiennent. C’est ce que montre leur récent reportage, dans lequel interviennent plusieurs acteurs ayant joué un rôle important dans le processus de décision local.
