Belle mobilisation pour Georges Ibrahim Abdallah, otage de l’Etat français
25 Octobre 2016
Une semaine internationale d’actions pour Georges Abdallah, emprisonné depuis 32 ans, vient de se clôturer. Des mobilisations sous différentes formes ont eu lieu à Marseille, New York, Gaza, Istanbul, Thessalonique, Paris, Toulouse, Berlin, Bordeaux, Beyrouth, Lyon, Athènes, Tunis, Milan et bien d’autres villes …
Pour finir, une manifestation de plus de 400 personnes et de nombreuses associations a eu lieu devant la prison de haute sécurité de Lannemezan dans les Hautes Pyrenées, où ce communiste libanais est incarcéré.

Mais qui est Georges Abdallah ?
Libérable depuis 1999, après 9 refus de libération conditionnelle, ce prisonnier politique condamné pour complicité d’assassinat subit l’acharnement de l’Etat français, avec la complicité des Etats-Unis et d’Israël. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article que nous avons publié en 2012 sur ce site.
Dans son intervention face aux grilles de la prison, Jean-Louis Chalanset, l’avocat de Georges explique que son client ne fera désormais plus des demandes de libération conditionnelle. Il refuse de subir des nouvelles humiliations (visite chez des psychiatres, etc) et compte désormais sur les mobilisations en France et dans le monde, qui devront construire un nouveau rapport de force.
Georges Abdallah est toujours resté fidèle à ses engagements. Une note des services secrets français en 2007 décrit Georges en ces termes : « Personnalité emblématique de la lutte anti-sioniste, la libération de Georges Abdellah constituerait sans nul doute, au Liban, un événement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans la lutte révolutionnaire. » Et voilà donc pourquoi Georges reste l’otage de l’Etat français.
Dernièrement, Georges a fait la grève de la faim en solidarité avec le prisonnier palestinien Bilal Kayed. Khaled Barakat, militant palestinien et coordinateur de la campagne de libération pour Ahmad Sa’adat (secrétaire général du FPLP) et Charlotte Kates, coordinatrice de Samidoun, réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens, qui se sont fortement impliqués dans la campagne pour Georges, prennent d’ailleurs la parole devant la prison.
Belle expérience
Afin de mieux m’impliquer dans la campagne de libération pour Georges, je me suis rendue à Bordeaux, où j’ai été accueilli par les membres du collectif « Libérons-Georges 33 ». Une soirée de solidarité avec une centaine de participants, une pièce de théâtre en soutien aux migrants et à Georges, un film sur la Palestine, un débat avec Julien Salingue… et le lendemain, le départ vers Lannemezan, un trajet de quelques 300 km, que ces militants parcourent régulièrement pour rendre visite à Georges. Belles rencontres solidaires avec Sakina, Myriam, Mireille, Josefa et Jean-Pierre … qui m’ont aussi permis à mieux connaître la personnalité de Georges (« Georges, c’est la résistance comme on l’aime »), un homme qui se tient debout grâce à la solidarité, mais qui insuffle aussi le courage à celles et ceux qui le visitent. Georges est un homme respecté dans la prison : par les autres prisonniers politiques (des basques) ou autres et même par les matons. Pendant la manif, lorsque nous frappons sur les grilles entourant la prison, les prisonniers nous ont répondu en faisant du bruit à leur tour.
Il est de nos luttes, nous sommes de son combat …
Pendant le rassemblement devant la prison, des intervenants appellent à passer d’un mouvement de soutien à un mouvement d’engagement et de solidarité plus large avec la population. Et c’est possible, comme l’expliquent les camarades parisiens.

« Sur Saint-Denis, nous avons patiemment informé et récolté du soutien des habitants… Nous avons obtenu un premier acquis : la mairie a du reconnaître ce soutien populaire et un bus a ainsi été affrété, une grande salle pour un meeting est programmée. Nous devons faire de Georges Abdallah le citoyen d’honneur de Saint-Denis, comme dans le Nord et comme ce fut le cas à Bagnolet. »
Des appels sont également lancés à la convergence des luttes : à ce que tous les comités Palestine se mobilisent pour Georges Abdallah, à ce que les collectifs de soutien à Georges se mobilisent contre les guerres menées par la France … Dans le rassemblement : plusieurs calicots et panneaux en soutien à la campagne BDS. Je profite de la fin du rassemblement pour prendre quelques photos pour notre galérie « Je boycotte Israël ».
Une chose que nous pouvons faire toutes et tous : écrire à Georges, à l’adresse suivante :
Monsieur Georges Ibrahim Abdallah
2388/A221 CP de Lannemezan
204 rue de s Saligues
BP 70166
65307 Lannemezan Cedex
