Persécutions et rafles anti-gays en Tchétchénie : les ONG demandent à Moscou de réagir
12 Avril 2017

Après les révélations parues le 1er avril dans le journal russe Novaïa Gazeta sur les graves violences infligées à des homosexuels en Tchétchénie, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) interpelle Vladimir Poutine via l’une de ses organisations membres. « Plus de 160 hommes ont été kidnappés, détenus illégalement et torturés. Au moins trois en sont morts », alerte le Centre anti-discrimination Memorial (ADC Memorial). Cette ONG, membre de la FIDH, défend les minorités contre tout type de discrimination dans les républiques de l’ex-URSS. « Il faut protéger les populations et convaincre le Kremlin d’arrêter ces violences », déclare à Basta ! Stefania Kulaeva, directrice de l’ADC Memorial.
Ces crimes auraient été commis dans des lieux de détention illégale, des bâtiment désaffectés appartenant au ministère tchétchène de l’Intérieur, rapporte la FIDH, qui n’hésite pas à parler de « purges de masse ». Les victimes seraient des hommes « suspectés d’homosexualité ». Dans la République tchétchène, membre de la Fédération de Russie, dirigée d’une main de fer par Ramzan Kadyrov depuis une décennie, les gays vivent dans la peur. Les « crimes d’honneur » contre les orientations sexuelles jugées « déviantes » sont encouragés au sein même des familles. Interrogé par l’agence de presse Interfax, le porte-parole du président tchétchène a nié toute implication dans ces crimes. L’homosexualité « n’existe pas dans notre République », a-t-il répliqué.
