L’aide française à la traîne sur l’égalité homme-femme
Cécile
Barbière, EURACTIV, 07.06.2018
Malgré
ses engagements, la France peine à faire parvenir son aide aux pays les plus
pauvres ainsi qu’à l’égalité homme-femme, pointe une évaluation de l’OCDE.
ses engagements, la France peine à faire parvenir son aide aux pays les plus
pauvres ainsi qu’à l’égalité homme-femme, pointe une évaluation de l’OCDE.

L’OCDE a
passé au crible l’aide au développement française. Dans un résumé de son
rapport, qui sera rendu public en septembre, le comité d’aide au développement
de l’OCDE (CAD) pointe un certain nombre de succès, mais aussi de faiblesses
dans la politique de l’Hexagone en matière de coopération sur la période
2013-2018.
passé au crible l’aide au développement française. Dans un résumé de son
rapport, qui sera rendu public en septembre, le comité d’aide au développement
de l’OCDE (CAD) pointe un certain nombre de succès, mais aussi de faiblesses
dans la politique de l’Hexagone en matière de coopération sur la période
2013-2018.
L’évaluation,
dont Euractiv a obtenu une copie, pointe les « baisses successives »
de l’aide française depuis la dernière évaluation menée par l’OCDE en 2013. En
effet, entre 2012 et 2016, la France a vu passer son aide publique de 0,45 % de
la richesse nationale à 0,38 %, ce qui représente une baisse d’environ 850
millions d’euros.
dont Euractiv a obtenu une copie, pointe les « baisses successives »
de l’aide française depuis la dernière évaluation menée par l’OCDE en 2013. En
effet, entre 2012 et 2016, la France a vu passer son aide publique de 0,45 % de
la richesse nationale à 0,38 %, ce qui représente une baisse d’environ 850
millions d’euros.
Baisse de
l’aide
l’aide
Mais
Paris elle, s’est engagée en 2017 à reprendre une trajectoire ascendante, afin
de rehausser son aide à 0,55% du revenu national brut (RNB) d’ici à 2022.
Paris elle, s’est engagée en 2017 à reprendre une trajectoire ascendante, afin
de rehausser son aide à 0,55% du revenu national brut (RNB) d’ici à 2022.
Pour être
réalisé, l’objectif ambitieux de 0,55% du RNB consacré à la solidarité
internationale devra dégager des caisses de l’État 6 milliards d’euros
supplémentaires par rapport à 2016. Une gageure, alors que Paris est seulement
en passe de sortir de la procédure
pour déficit excessif dans laquelle elle est embourbée depuis 10
ans.
réalisé, l’objectif ambitieux de 0,55% du RNB consacré à la solidarité
internationale devra dégager des caisses de l’État 6 milliards d’euros
supplémentaires par rapport à 2016. Une gageure, alors que Paris est seulement
en passe de sortir de la procédure
pour déficit excessif dans laquelle elle est embourbée depuis 10
ans.
« L’engagement
de la France d’augmenter son APD d’ici à 2022 est la bienvenue après une
période de baisses importantes, mais sa mise en œuvre nécessitera des actions
immédiates », souligne néanmoins le rapport. « D’ici à 2020 au plus tard,
elle devra autoriser les engagements nécessaires pour atteindre cet
objectif. »
de la France d’augmenter son APD d’ici à 2022 est la bienvenue après une
période de baisses importantes, mais sa mise en œuvre nécessitera des actions
immédiates », souligne néanmoins le rapport. « D’ici à 2020 au plus tard,
elle devra autoriser les engagements nécessaires pour atteindre cet
objectif. »
Sécurité
et développement
et développement
Parmi les
bons points, le rapport pointe l’engagement français dans le domaine de la
lutte contre les changements climatiques ainsi que le soutien aux États
fragiles confrontés aux crises. L’action française dans la lutte contre le
terrorisme et pour le maintien de la sécurité dans la région du Sahel est
particulièrement saluée par le rapport.
bons points, le rapport pointe l’engagement français dans le domaine de la
lutte contre les changements climatiques ainsi que le soutien aux États
fragiles confrontés aux crises. L’action française dans la lutte contre le
terrorisme et pour le maintien de la sécurité dans la région du Sahel est
particulièrement saluée par le rapport.
Pourtant,
la dominante sécuritaire est aussi sujette à critique dans le résumé de l’OCDE.
En effet, reprenant les arguments de nombreuses fois formulées par la société
civile, les experts mettent en garde contre le risque de faire passer les
enjeux de sécurité avant la lutte contre la pauvreté.
la dominante sécuritaire est aussi sujette à critique dans le résumé de l’OCDE.
En effet, reprenant les arguments de nombreuses fois formulées par la société
civile, les experts mettent en garde contre le risque de faire passer les
enjeux de sécurité avant la lutte contre la pauvreté.
« La
France doit veiller à ne pas subordonner l’aide au développement aux seules
problématiques de sécurité, de politique intérieure ou de régulation des flux
migratoires », prévient le rapport.
France doit veiller à ne pas subordonner l’aide au développement aux seules
problématiques de sécurité, de politique intérieure ou de régulation des flux
migratoires », prévient le rapport.
Il s’agit
« d’un rapport très juste du comité d’aide au développement de l’OCDE qui fait
écho aux analyses des ONG » a d’ailleurs salué Philippe Jahshan, président de
Coordination SUD.
« d’un rapport très juste du comité d’aide au développement de l’OCDE qui fait
écho aux analyses des ONG » a d’ailleurs salué Philippe Jahshan, président de
Coordination SUD.
La France
a également été une force motrice sur la question du devoir de vigilance des
multinationales. En réaction à la catastrophe du Rana Plaza à Dacca, la France
a en effet adopté une loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et
des entreprises donneuses d’ordre, une première en Europe.
a également été une force motrice sur la question du devoir de vigilance des
multinationales. En réaction à la catastrophe du Rana Plaza à Dacca, la France
a en effet adopté une loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et
des entreprises donneuses d’ordre, une première en Europe.
En
revanche, les priorités politiques affichése par l’Hexagone en matière de
développement ne se retrouvent pas toujours dans la répartition réelle de l’aide
française.
revanche, les priorités politiques affichése par l’Hexagone en matière de
développement ne se retrouvent pas toujours dans la répartition réelle de l’aide
française.
Égalité
homme-femme
homme-femme
Seulement
22 % des engagements de la France ciblaient l’égalité femmes-hommes. Un chiffre
« très en dessous » de la moyenne des pays donateurs, qui s’élève à
40 %. « Cela semble contredire la priorité accordée par la France à
l’égalité femmes-hommes », pointe le rapport.
22 % des engagements de la France ciblaient l’égalité femmes-hommes. Un chiffre
« très en dessous » de la moyenne des pays donateurs, qui s’élève à
40 %. « Cela semble contredire la priorité accordée par la France à
l’égalité femmes-hommes », pointe le rapport.
Autre
écueil, la priorité française accordée aux pays les plus pauvres ne se retrouve
pas non plus dans le portefeuille français. En effet, la France a alloué
seulement 14 % de son aide bilatérale aux 17 pays prioritaires* en 2016.
écueil, la priorité française accordée aux pays les plus pauvres ne se retrouve
pas non plus dans le portefeuille français. En effet, la France a alloué
seulement 14 % de son aide bilatérale aux 17 pays prioritaires* en 2016.
De plus,
« aucun de
ces pays ne figure parmi les dix principaux bénéficiaires de l’APD française ». Toujours en 2016, l’aide aux
PMA [pays les moins avancés] représentait seulement 19 % de l’aide
bilatérale, bien en dessous de la moyenne des pays donateurs, qui s’établit à
37 %. Pourtant, le gouvernement français s’est engagé à concentrer
50% de ses dons sur ces pays.
« aucun de
ces pays ne figure parmi les dix principaux bénéficiaires de l’APD française ». Toujours en 2016, l’aide aux
PMA [pays les moins avancés] représentait seulement 19 % de l’aide
bilatérale, bien en dessous de la moyenne des pays donateurs, qui s’établit à
37 %. Pourtant, le gouvernement français s’est engagé à concentrer
50% de ses dons sur ces pays.
L’écart
entre les ambitions affichées et la réalité de l’aide s’explique par la
prédominance des prêts dans l’aide de l’Hexagone. Un équilibre qui incite
l’Agence Française de Développement (AFD), « à investir dans les pays à revenu
intermédiaire et dans des secteurs potentiellement profitables », plutôt que
dans les pays les moins avancées ou les priorités peu rentables telles que le
genre ou la santé.
entre les ambitions affichées et la réalité de l’aide s’explique par la
prédominance des prêts dans l’aide de l’Hexagone. Un équilibre qui incite
l’Agence Française de Développement (AFD), « à investir dans les pays à revenu
intermédiaire et dans des secteurs potentiellement profitables », plutôt que
dans les pays les moins avancées ou les priorités peu rentables telles que le
genre ou la santé.
« Nous
attendons désormais que 2019 permette de concrétiser les engagements
présidentiels via la feuille de route française de mise en œuvre des objectifs
de développement durable, la révision de la loi d’orientation et de
programmation relative à la solidarité internationale, des crédits
supplémentaires pour l’aide publique au développement dès le Projet de loi de
finances 2019 et un accroissement effectif des moyens au profit de la
coopération non gouvernementale », conclut Philippe Jahshan.
attendons désormais que 2019 permette de concrétiser les engagements
présidentiels via la feuille de route française de mise en œuvre des objectifs
de développement durable, la révision de la loi d’orientation et de
programmation relative à la solidarité internationale, des crédits
supplémentaires pour l’aide publique au développement dès le Projet de loi de
finances 2019 et un accroissement effectif des moyens au profit de la
coopération non gouvernementale », conclut Philippe Jahshan.
*Bénin,
Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Ethiopie, Gambie, Guinée, Haïti,
Liberia, Madagascar, Mali Mauritanie, Niger, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo)
Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Ethiopie, Gambie, Guinée, Haïti,
Liberia, Madagascar, Mali Mauritanie, Niger, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo)
